Un peu de jardin, ça fait du bien...

Publié le par la tisseuse de rêve

Juste un petit mot sur mon jardin, que je vois chaque jour grandir un peu plus, au grand désespoir de mes mains qui cloquent, qui cloquent... C'est le métier qui rentre, comme qui dirait...
Mais bon, entre deux tentatives de mémoire (master 2 recherche,  versus anthropologie, pour ceux qui n'ont pas suivi), ça fait du bien de se défouler en arachant à pleines mains les herbes touffues qui envahissent la terre que je voulais cultiver. Et pas de bol, car après avoir enlevé les herbes, il faut encore se battre avec une bonne couche de racines enchevêtrées (mais il a jamais été cultivé, ce brin de terre ?), et après, quand on croit que ça y'est, c'est gagné, que nenni... Y'a encore un pavage complet de cailloux qui font la taille de ma tête et qui sont si près les uns des autres, qu'il faut une bonne dose de motivation pour les sortir tous. Bah, au moins, ça fait pleins de cailloux pour entourer le petit lopin défriché à grand peine. Au point qu'une pote m'a demandé l'autre jour : "Dis, c'est quoi cette tombe dans ton jardin ?"
Mort de rire, à lui expliquer que les cailloux, c'était juste pour faire joli, et empêcher les herbes de revenir...
Et bonne nouvelle, j'ai de nouveau l'eau courante, après trois mois à devoir la sortir du puit, et même de l'eau chaude depuis mardi... Que du bonheur, sauf que je dois encore jongler pour prendre une vraie douche, car les plombs sautent environ entre toutes les trois et cinq minutes. C'est serré pour se faire un shampoing, et plutôt fandard pour les autres de me voir sortir pleine de mousse de la salle de bains pour aller vaillamment relancer la machine... Mais l'électricien devrait me régler ça la semaine prochaine, à ce qu'il parait...
Quant à mon aventure universitaire, et bien... bof, ça avance pas vraiment. Je crois que c'est la panne sèche. Plus vraiment d'inspiration. J'ai plus envie de faire de la couture, du jardin, de tracer encore eet toujours à travers toute la France plutôt que de rester bloquée devant mon ordi et mes bouquins pour pondre un pseudo-essai intellectuel. Mais bon, si je le fais pas maintenant, autant dire adieu à mon avenir d'ethnologue, et surtout à toute possibilité d'avoir une bourse de recherche. Et en plus, il faut que je jongle avec les humeurs de mon prof. La dernière en date est pas mal, au point qu'elle mérite d'être relatée. Hier, j'envoie un mail à un autre prof (comme au mien pour le tenir au courant, jsuis sympa quand même) pour savoir s'il accepterait de faire partie de mon jury de soutenance et d'être mon sous-directeur de recherche de mon éventuelle thèse. Et super sympa, il me dit qu'il en serait honoré (ça, ça m'a fait plaisir)... Mais par contre, mon autre prof a estimé qu'il s'agissait d'une trahison de niveau ultime, et que je méritais une pendaison sans sursis. Voilà exactement ce qu'il m'a dit (c'est tellement ouf que ça mérite d'être divulgué) :
" Chère Shantala, Dans le cadre d'une direction de recherche, je considère toute intervention non concertée avec d'autres enseignants (y compris celles, éventuelles, de mon collègue sociologue), comme des interférences néfastes. "
Woah, que répondre à ça. Bon, j'ai arrondi les angles, et puis je n'ai quand même pas commis un crime de lèse-majesté, alors j'ai remis gentiment les points sur les "i", d'autant que l'échéance de la soutenance approche. Mais quand même... j'ai halluciné de sa réaction, vu que c'est lui qui défend à fond l'interdisciplinarité, et que l'autre prof est un presque pote à lui. Et réalistement, il me faut deux profs pour ma soutenance, alors je fais quoi, moi, maintenant ?
Y'a des fois des gens qui vous étonne vraiment...

Ah la la, l'égo démesuré de certains me donne le vertige, heureusment que j'ai bien la tête sur les épaules, sinon je vais finir par craquer. Déjà que quand j'ai soutenu la thèse d'un ethnologue de renom (Descola pour ceux que ça intéresse), j'ai failli me faire lyncher sur place, alors qu'en vrai ce type est génial, j'ai mis bien trois mois à récupérer un sourire de mon prof, et voilà qu'il me refait encore le même coup. Il me fatigue un peu, là...

Mais bon, dans la vie, faut apprendre à jongler avec les ambivalences de chacun...

Sinon, pour des news (paraît que j'en écrit jamais, et en fait je me suis rendu compte que c'était vrai)...
Y'a environ un mois (pour avant, je sais plus trop, la route, des écovillages, mille rencontres, festival de Maramande, teuf à Soustons, anniv de ma soeur à Tours, ...), départ pour la Suisse fêter les 18 ans de ma ptite soeur. On a fait une belle fiesta pour rendre ça mémorable, même si j'ai été sage, pas trop bu... Retrouvailles avec la famille Stämpfli, qui nous gardait qu'on on était pitite... J'en ai encore le coeur plein de sourires et de chaleur (je vous aime... d'ailleurs, si vous lisez ça, j'ai perdu vos adresses mails, faut me les renvoyer, et rdv en automne, pour sûr !)... Après départ pour Gap, chez Klem... et hop, passage chez les Longo Maï avant de repartir avec Manue qui m'y avait rejoint à Nantes en stop (1000 km en 14 heures, j'en suis pas peu fière :))... Patoche et Chris nous ont ouvert leur porte et apporté leur joie de vivre, et surtout raconté leurs déboires policiers (vive l'état limité!!!!!!)... Et voilou, on rentre à la maison quelques jours... et hop, je prend ma ptite Manue sous le  bras et on s'envole... pour une énorme teuf de trois jours chez Dawa. Revu tous les potes du Lot... et dormi dans le tipi. C'était génial sauf que on a subi la mauvaise humeur de sa compagne quand on a eu la superbe idée de rester filer un coup de main pour le rangement. Passage à Rennes chez mes amis adorés (je vous aime tout plein) avant de rentrer à Porspoder.

Et me voilà de retour à la maison, mais obligé cette fois de jouer le jeu de la sédentarité pour un mois, c'est dur ! Alors c'est pour ça que je me motive pour faire tout ce que j'ai jamais le temps de faire quand je passe en coup de vent à la maison, et en fait, je kiffe à mort. Le jardin, de la couture, et pleins de copains qui passent... Et de superbes rencontres au passage...
Et en même temps, j'ai enfin le temps de connaître un peu mieux les gens d'ici, qui me voient toujours entre deux traçages, et qui râlent, qui râlent : )
La seule chose pour laquelle j'ai du mal donc, et vous l'aurez compris, c'est de vraiment écrire ce mémoire 2... J'en ai trop dit l'an dernier je crois... ou j'ai pas assez de choses à dire cette année. Pas facile, parce qu'en fait je me rend compte que j'ai déjà quasiment tout dit avant le grand saut dans l'aventure de la thèse, du coup, je stagne un peu...
Si y'en a qui ont des idées... non, je rigole, j'en ai pleins... mais c'est juste que j'ai envie de papillonner, et marre de toujours penser. Parce que quoi qu'on dise, c'est du boulot d'être vraiment étudiant, parce qu'il y a toujours un ptit coin du cerveau qui travaille, sans pause ni vacances. Et là, je me rend compte que ça fait un an et demi qu'il n'y a pas eu de pause, vu que j'ai soutenu en octobre et enchaîné direct avec le DEA. Il me faut de vraies vacances, où je n'ai rien d'autre à penser que m'amuser, boire, tracer, faire l'amour, me baigner, tracer de festival en festival et errer sans buts sur les routes de France et de Navarre avec pour seul bagage un/e chouette pote (ou pas, ou plus) et des sourires à revendre. Ah! la douce insouciance de la vie me manque, c'est dur d'être tout le temps sérieux. Et puis j'ai envie de dessiner, d'écrire des histoires et des contes, et ce projet de bouquin avec Klem qu'il va falloir sérieusement mettre en route un de ces quatre. Y'a des couples qui projettent de faire des bébés, nous c'est plutôt un bouquin, et le tour du monde...
Et puis peut-on vraiment parler de nous comme d'un couple ? Vaste débat.... C'est Klem, ni tout à fait mien, ni tout à fait autre. Une saleté sans commune mesure, mais qui reste attaché à moi... Va comprendre... Mais je l'aime bien, mon ptit homme, même si en même temps je le déteste franchement pour tout ce qu'il a été et ce qu'il est encore parfois. Mais bon, comme il est loin et qu'on se voit rarement, ça se dilue dans le grand vortex sidéral... Et puis ça n'a pas vraiment d'importance de toute façon... C'est pas avec lui que je grandis au jour le jour...

Bon, allez, pour une première page de nouvelles, ça suffira pour aujourd'hui...
Paix et amour, qu'ils disaient... Jah veille sur nous, on dira....

Publié dans fifi-brin-de-folie

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calinae 08/06/2007 01:25

Chère Shantala, c\\\'est un réel plaisir de te lire et de te voir pester.Il y a peu tu avais comme question de savoir comment les gens rêvaient. Je dois te faire une confession, c\\\'est ton ptit bout de jardin (ah mais le voilà le lien avec ton texte ! ) qui fut l\\\'heureux terrain de jeux de mes rêves hier.Voilà en résumé ce que ca pouvait donner : C\\\'est l\\\'histoire d\\\'un paysan qui un jour de primtemps se prommenait sur son champ. Déscendant fièrement de son massey Fergusson, il s\\\'appretait à rentrer chez lui pour embrasser les desseins de morphée. Lorcequ\\\'il passait sur le champ qui jouxtait son logis, il entendit des bruits, interloqué par ce bruit si étrange, il ne pourrait, foi de paysan, s\\\'agir d\\\'un animal de la région. Alors il se baissa, bien décidé à en avoir le coeur net, ce qui ne tarda pas d\\\'ailleurs : en effet, il entendait la terre geindre. Pris d\\\'un élan de tendresse pour cette derniere il en remplit ses mains pour en aprécier le discours. "Pourquoi tu me hais tant ?" geignait la terre,  "je suis en jachere alors que toutes les autres sont cultivées et des rangées d\\\'oignons ornent leurs allées." Estomaqué par ce qu\\\'il venait d\\\'entendre le paysan s\\\'accroupit, tenant la motte de terre comme il tiendrait un enfant. "Vois-tu", se surprit il à dire, "si tu es en jachere alors que les autres ne le sont pas, c\\\'est parceque tu es en loin differente d\\\'elles." "Ce n\\\'est pas tres flatteur" répondit la motte secouant non chalemment le chardon surplombant sa tête. "Non, ce n\\\'est pas ça" reprit le paysan regardant amoureusement son interlocutrice "tu es bien differente et je me verrais mal de t\\\'imposer le carquan étriqué d\\\'une culture extensive, j\\\'ai bien trop de respect pour ta création pour t\\\'imposer quoi que ce soit.. regarde le chaos de tout cet enchevêtrement de plantes que tu as fait sans mon aide.. mon père me disait quand j\\\'etais petit que le désordre etait le délice de l\\\'immagination. si tu es à l\\\'image de tes plantations ma chère terre, crois moi que tu merites toutes les jacheres du monde." D\\\'une voix fluette la motte reprit : "Ca veut dire que tu ne m\\\'abandonnes pas ?" L\\\'homme se leva et commenca à egrenner la motte au gré de ses pas "Je te prommets que des demain, c\\\'est ensemble que nous defricherons tes achalants enchanteurs et que nous ferons fleurir bien plus que tu ne pourrais l\\\'immaginer."Pas de paysans et encore moins de tracteurs sur ton petit jardin (tu m\\\'diras passer en tracteur pres de ton jardin sans attaquer le mur et/ou les arbres tiendrait du miracle) mais les rêves n\\\'en ont rien à faire des mesures physiques ou des jugements tout simplement.A très bientôt.G

la tisseuse de rêve 08/06/2007 12:02

Woah, quel joli rêve, c'est très métaphorique tout ça... Mais faut dire que l'esprit breton est plein de magie... Bon, alors après ces jolis rêves, je t'attend avec ordi et motivation à la maison, pour une nouvelle journée de boulot... Et tu me racontera tout ça à la pause goûter...

The Heartsless Witch 06/06/2007 22:12

ah lala...j'aime bien lire tes aventures......si si, je t'assure, j'aime bien lire quand tu écris beaucoup...comme ça, ça me fait plus sourire....c'est vrai que tu as l'air d'avoir une vie intrépide, pleine de rencontre...... ça me renvoie forcément à ce que je suis, et qui je suis avec toi...C'est impossible quand même que tu m'insupportes dès qu'on passe plus de trois jours ensemble, alors que je t'adore trop dans les longues lettres que l'on s'écrivait avant, et que j'aime beacoup te lire sur le net.... comme quoi, chais pas, y'a un truc qui doit m'irriter quand je te vois (c'est sûrement les dreads locks....meuh non ! je rigole !)enfin bon...tout ça pour dire absolument rien d'intéressant, sauf que, ben, j'espère que tu trouves l'inspiration pour ton euh, truc que tu écris (rends toi compte, que je n'ai toujours rien compris à où tu en es dans tes études...le seul truc que j'ai compris, c'est que tu as fait fac d'art plastique (oui bon d'accord, y'a trèèèèès longtemps), et puis après euh, ethnologie...le reste, c'est drôlement vague dans ma tête....enfin bon, détail je suppose)sinon, ben voilà, moi ça va beaucoup mieux, et même que je suis de nouveau avec nico (oui oui, tu vas soupirer de desespoir) mais il s'est rendu compte de plein de choses, et puis moi je l'aime bien mon choubidou quand même...donc voilà.... Au moins, et c'est l'essentiel, je suis heureuse...même si comme toi, je ne sais pas trop quelle route emprunter, mais ça........allez, je te fais un bisou ma soeurette !